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Attention, les allergies à l'ambroisie de retour un peu plus tôt que prévu en Isère

 

Voilà que les allergies à l'ambroisie seront tout bientôt de retour. Selon le RNSA - le réseau national de surveillance aérobiologique - en région lyonnaise et en nord-Isère, une première période de pollinisation significative est attendue à partir du 4 août.

L'ambroisie, plante invasive et hyper allergène, va faire sentir ses premiers effets désagréables pour les personnes allergiques dès ce début août. Selon le RNSA, réseau national de surveillance aérobiologique, qui compte 3 capteurs de mesures en Isère (Grenoble, Bourgoin-Jallieu et Roussillon), le premier pic est attendu entre le 4 et le 7 août pour la région lyonnaise et le Nord-Isère. "On a une avance de 9 à 10 jours par rapport à l'an passé", précise Samuel Monnier, ingénieur au RNSA. Et il poursuit : "les conditions météo ont été favorables au développement de l'ambroisie, surtout en mai, avec des températures très élevées dès le début de la croissance de l'ambroisie."

 

D'ici fin août-début septembre, les pollens d'ambroisie vont aller crescendo, embêtant alors beaucoup de personnes. L'ex-Région Rhône-Alpes est la plus touchée avec 10 à 12% de sa population. En Rhône-Alpes, l’allergie à l’ambroisie coûte plus de 15 millions d’euros par an en dépenses de santé. D'où les efforts engagés depuis plusieurs années pour éradiquer cette plante.

La lutte commence par localiser l'ambroisie

L'une des premières étapes c'est déjà de savoir où cette plante se trouve. Ainsi, plusieurs outils pour la signaler existent. Des outils aussi bien pour les agriculteurs, les référents ambroisie dans les communes que les particuliers. Il y a la plateforme internet www.signalement-ambroisie.fr , l'application smartphone du même nom , le téléphone via le numéro vert 0.972.376 et le mail contact@signalement-ambroisie.fr

Ensuite, il existe des actions de prévention comme la végétalisation qui se fait à l'automne. "Le problème de l'ambroisie, c'est un problème de gestion des terres. L'ambroisie est une plante que l'on dit pionnière, c'est à dire qu'elle va coloniser en premier lieu les sols laissés à nu. A partir du moment où on lui apporte une concurrence végétale, elle va avoir beaucoup plus de difficultés à avoir un accès à la lumière et donc elle ne pourra pas se développer", détaille Muriel Botton-Tournier, directrice d'Evinerude, bureau d'études qui travaille depuis plusieurs années avec certaines collectivités comme la Capi et Viennagglo.

"Pas encore de remède miracle", mais les spécialistes optimistes

Evinerude teste aussi des méthodes curatives, comme l'arrachage qui est plus pertinent de faire fin juin-début juillet quand la plante est encore petite selon Evinerude.On peut aussi citer la technique du déchaumage , celle du fauchage juste avant la floraison, le thermique infrarouge... A Crémieu, Marc Sattler, un agriculteur a commencé à tester l'été dernier le pâturage avec des moutons, pour qui l'ambroisie est inoffensive. "Toutes ces techniques sont intéressantes. On ne peut pas en écarter une comme ça. Souvent on en combine plusieurs" indique Fatma Di Spigno, salariée d'Evinerude et spécialiste de l'ambroisie. Il est vrai que plusieurs paramètres doivent être pris en compte : la taille de la zone à traiter, le stade auquel on s'inquiète du problème, mais aussi des moyens humains et financiers à disposition. "On n'a pas encore de remède miracle", affirme Fatma Di Spigno.

Mais avec sa collègue Muriel Botton-Tournier, elles ne sont pas pessimistes. Il faut faire du cas par cas et quand on a trouvé la formule adaptée et qu'on se donne les moyens de suivre cette feuille de route, ça marche. Muriel Botton-Tournier prend l'exemple du territoire de ViennAgglo que sa société a accompagné pendant 5 ans : "l'année dernière, pour la première fois, une collectivité a pu montrer que l'ambroisie régressait avec un métrage, une quantification. Même sur leurs capteurs mobiles, on a constaté que l'indice pollinique était plus bas sur les secteurs gérés que sur les secteurs non gérés. Puis fin mars, l'Afeda, l'association française d'étude des ambroisies, a parlé d'une baisse des concentrations de pollens de cette plante, en 2016, en Nord-Isère. Sans lien avec un facteur météo. Preuve que les actions commencent à payer, mais les spécialistes l'affirment cette lutte sera longue.